« 99,99 % de disponibilité garantie » rassure la direction. Personne ne traduit ce chiffre en 52 minutes par an — ni ne lit la page 14 des conditions générales où la maintenance planifiée, les attaques DDoS « exceptionnelles » et les pannes DNS client ne comptent pas. Le jour où le checkout est down deux heures un vendredi, le ticket support renvoie vers une exclusion. Le pourcentage n''était qu''un slogan.
Un SLA est un engagement contractuel limité, pas une promesse que votre activité ne s''arrêtera jamais. Comprendre les chiffres et les exclusions vaut plus qu''un dixième de neuf supplémentaire sur la slide commerciale. Deux hébergeurs affichant le même pourcentage peuvent protéger des choses radicalement différentes.
Traduire les neuf en minutes
Base : 365 jours × 24 h × 60 min = 525 600 minutes/an.
| SLA affiché | Indisponibilité max théorique / an | Équivalent / mois |
|---|---|---|
| 99 % | ~87 h 36 min | ~7 h 18 min |
| 99,9 % | ~8 h 45 min | ~43 min |
| 99,99 % | ~52 min | ~4 min |
| 99,999 % | ~5 min | ~25 s |
Ces chiffres supposent que chaque minute qualifiée entre dans le calcul — ce que les contrats découpent rarement intégralement.
Ce que les exclusions effacent du compteur
La maintenance annoncée est souvent retirée même si votre site est offline. Le facteur client — quota disque, certificat expiré — exclut la panne. Les tiers, les attaques au-delà d''un seuil et les causes hors datacenter apparaissent régulièrement. Deux contrats à 99,9 % peuvent avoir des univers d''exclusion incomparables.
Pour la continuité réelle, croisez le SLA avec un plan de reprise et une page de statut fiable. Le guide lire un SLA détaille promesse versus recours.
Crédits SLA : la compensation réelle
En cas de manquement prouvé, l''hébergeur accorde souvent un crédit sur facture future : 5 à 10 % du mois affecté, plafonné à 100 % du mois — rarement plus. Délai de réclamation 7 à 30 jours. Un crédit de 8 € sur un VPS à 80 € ne compense pas 40 000 € de panier abandonné.
Un pourcentage hero vend du sérieux ; les crédits plafonnent la responsabilité.
Le sommet : le pourcentage vend du sérieux, pas de la continuité
Comparez sur preuves via l''annuaire et le comparateur — pas sur le badge seul.
Décider et avancer sans angle mort
Convertissez chaque SLA annoncé en minutes perdues théoriques, puis listez les exclusions ligne par ligne dans un document partagé avec l''équipe technique. Vérifiez le périmètre mesuré : hyperviseur, HTTP public ou application entière. Exigez une page de statut avec historique d''incidents plutôt qu''un pourcentage sans méthode. Croisez le SLA uptime avec le SLA support — un bon réseau avec mauvaise réponse humaine laisse votre équipe seule la nuit. Enfin, calibrez RTO et RPO métier indépendamment du pourcentage affiché.
Questions fréquentes
Combien de downtime pour 99,9 % par an ?
Environ 8 h 45 min par an (525 minutes) si tout compte sans exclusion. 99,99 % ≈ 52 min ; 99,999 % ≈ 5 min. Ce sont des plafonds théoriques — rarement le périmètre réel couvre tout votre site.
Le SLA couvre-t-il mon site WordPress entier ?
Souvent non : périmètre limité à l'hyperviseur, au réseau datacenter ou au panneau de contrôle. Votre application, votre DNS ou un plugin peuvent être exclus.
Les crédits SLA valent-ils une vraie compensation ?
Généralement 5 à 10 % de la facture mensuelle, plafonnés, demandés sous 30 jours avec preuves. Ce n'est pas une indemnisation du chiffre d'affaires perdu.
Comment comparer deux hébergeurs sur l'uptime ?
Même périmètre, mêmes exclusions, page de statut publique, historique d'incidents — pas seulement le pourcentage affiché en page d'accueil.
La prochaine fois qu'on vous vendra 99,99 %, demandez : 52 minutes de quoi, exclues comment, créditées combien ? Un pourcentage sans périmètre n'est pas un SLA — c'est une décoration.