Deux devis arrivent : VPS autogéré à 12 €/mois, ou « serveur infogéré » à 89 €/mois avec monitoring et correctifs. Votre directeur technique calcule vite : 77 € × 12 ≈ une journée freelance exploitation. Sauf que l'infogéré n'inclut pas la migration applicative, le réglage PHP, ni le débogage de votre déploiement un vendredi soir — et que l'autogéré sans astreinte signifie parfois douze heures de panne avant intervention.
L'arbitrage infogéré/autonome se joue en euros par heure réelle, pas en slogan « sérénité ».
Ce que l'infogéré retire — et laisse
| Tâche | Souvent infogéré | Reste chez vous |
|---|---|---|
| Correctifs OS / hyperviseur | Oui | Applications |
| Instantanés infrastructure | Parfois | Restauration applicative |
| Pare-feu réseau hôte | Parfois | Pare-feu applicatif, authentification |
| Astreinte 24h/24 | Rare en entrée de gamme | Incidents métier |
| Conformité | Documentation partielle | DPA, architecture |
Payer l'infogéré sans lire le périmètre, c'est acheter une FAQ support — pas une assurance panne.
Coût caché de l'autonome
Temps correctifs CVE et redémarrage planifié. Mise en place monitoring (disponibilité, Prometheus, journaux). Astreinte implicite du développeur le plus senior. Erreurs de configuration : sauvegarde non testée, pare-feu trop ouvert.
Si personne n'est désigné « exploitation », l'autonome est un prêt à taux variable en incidents.
Formule rapide de décision
Estimez heures exploitation par mois × coût horaire chargé. Si heures × taux > marge infogéreur et le prestataire documente restauration + astreinte → infogéré rationnel. Si équipe exploitation existante + besoin root ou noyau sur mesure → autonome ou infogéré sur devis spécifique.
Les PME sans exploitation : mutualisé managé ou PaaS battent souvent VPS autogéré « pas cher ».
SLA et astreinte : lire le contrat
Un infogéré à 89 €/mois sans astreinte garantie ni crédit SLA mesurable ne vaut pas la marge si une heure de panne coûte 5 000 € de commandes perdues. Demandez délai de prise en charge (15 min, 4 h, lendemain ouvré), périmètre exact des correctifs (noyau seul ou stack web), et exclusions (votre code, saturation DDoS, restore applicatif).
Comparez deux devis sur même périmètre écrit : patches OS, pare-feu, monitoring, restore testé, nombre d'interventions incluses. L'autonome gagne quand l'équipe possède déjà ces compétences et que la marge infogéreur finance du temps peu utilisé.
Le sommet : l'heure la plus chère est celle où personne ne répond
Calculez le délai de reprise en euros, pas en pourcentage SLA marketing.
Décider et avancer sans angle mort
Listez les tâches infrastructure actuelles et le temps mensuel réel consacré. Demandez le runbook de restauration et la date du dernier test chez l'infogéreur. Comparez au moins deux offres sur un périmètre identique. Parcourez l'annuaire et par usage selon votre maturité d'exploitation.
Questions fréquentes
L'infogéré inclut-il toujours les sauvegardes testées ?
Rarement sans lire le contrat. Beaucoup d'offres « managées » font des instantanés automatiques sans garantie de restauration ni délai de reprise documenté — exigez une preuve de restauration testée.
À partir de quand l'autonome devient moins cher ?
Quand vous avez déjà un responsable exploitation à temps partiel ou plein et que la marge infogéreur dépasse 30 à 40 % du coût VPS ou cloud pour un périmètre que vous maîtrisez déjà (nginx, Postgres, monitoring).
PaaS = infogéré ?
Partiellement. Un PaaS gère l'environnement d'exécution et le déploiement ; vous restez responsable du code, des données, parfois du réseau privé et de la facturation cloud sous-jacente.
Comment comparer deux offres infogérées ?
Sur le même périmètre : qui applique les correctifs système ? qui restaure ? délai d'astreinte ? exclusions (sortie réseau, licences) ? crédits SLA vs pénalités réelles.
Infogéré ou autonome : tranchez en multipliant heures de panne × coût business — pas en comparant deux prix mensuels.
