Demande d'accès RGPD : « supprimez mon adresse IP de vos systèmes ». L'équipe répond « nous n'avons pas de compte utilisateur ». Puis on découvre : logs Apache cent quatre-vingts jours, Matomo treize mois, WAF hébergeur quatre-vingt-dix jours, export CDN trente jours. Quatre silos, aucune politique écrite.
Les adresses IP circulent partout en hébergement : logs serveur, reverse proxy, CDN, anti-DDoS, panel, facturation anti-fraude. Souvent données personnelles au RGPD. « Savoir ce que vous conservez et pourquoi » est une obligation de minimisation — pas un détail syslog.
Cartographier les flux IP
Côté hébergeur : logs d'accès mutualisé ou VPS, logs pare-feu, mod_security, connexions panel, anti-DDoS.
Côté client : analytics — Matomo, Plausible avec IP temporaire —, logs applicatifs, limitation de débit maison.
Tiers : CDN, captcha, paiement — sous-traitants à lister au registre avec finalité et durée.
| Source | Finalité courante | Durée à documenter |
|---|---|---|
| Logs web | Sécurité, diagnostic | 30–90 jours |
| WAF / DDoS | Blocage attaque | 30–180 jours |
| Analytics | Mesure audience | 13 mois souvent |
| Connexion app | Fraude | Selon risque |
« Les logs tournent tout seuls » n'est pas une base légale.
Bases légales et durées défendables
Intérêt légitime sécurité : court terme, accès restreint, politique publique si impact utilisateurs. Obligation légale : rare pour IP seules ; vérifier secteur. Consentement analytics : si cookies ou traceurs non exemptés.
Fixez une durée par outil, configurez purge automatique chez hébergeur et chez vous. Alignez avec politique rétention logs si présente.
Demande d'effacement et registre
Quand un utilisateur exerce son droit d'effacement, vous devez savoir quels systèmes contiennent encore son IP — logs applicatifs, WAF, CDN, analytics, anti-fraude. Sans cartographie préalable, la réponse « nous n'avons pas de compte » devient fausse dès qu'un log existe quelque part.
Documentez dans le registre RGPD chaque flux IP : responsable, durée, base légale, procédure d'effacement ou d'anonymisation. L'hébergeur doit pouvoir confirmer par écrit ce qu'il purge côté infrastructure et dans quel délai après votre demande.
Lors d'un audit ou d'une plainte, l'absence de durée écrite par outil pèse plus lourd que la présence même de logs — preuve que la minimisation n'a pas été pensée opérationnellement.
Le sommet : conserver « au cas où » sans finalité
Décider et avancer sans angle mort
Réalisez cette semaine un inventaire outils plus durées plus bases légales, demandez par écrit la rétention logs à l'hébergeur pour chaque couche infrastructure, puis comparez la transparence des prestataires via l'annuaire et le comparateur. Consultez Conservation des emails pour aligner messagerie et logs associés.
Questions fréquentes
IP = donnée personnelle ?
Oui quand identification directe ou indirecte possible — horodatage, user-agent, compte combinés.
Durée de conservation ?
Selon finalité documentée par flux — pas conservation indéfinie par défaut.
Hébergeur conserve pour nous ?
Oui logs infrastructure ; vous aussi via app, analytics, CDN — deux périmètres registre.
Anonymisation ?
Oui si irréversible et adaptée ; pas excuse pour tout garder en clair indéfiniment.
La conformité IP commence par une question : qui, où, combien de temps, pour quoi — pas par « nous avons des logs ».
